Werner Kofler
Automne, liberté – Un nocturne
Traduit de l’allemand (Autriche) et présenté par Bernard Banoun
"Dans des pages d’anthologie qui sont le cœur de ce récit aux accents picaresques, il est question du langage quotidien de l’époque comme d’un ensemble de substances nocives dont il s’agirait de se débarrasser. L’écrivain n’est pas là pour rajouter des mots ou purifier ceux de la tribu, mais bel et bien pour les combattre et les éliminer. En cela il est un criminel plus proche des Urbanz [ces "« sportifs du moteur et de la moto », capables de passer des heures à régler un carburateur"] que des Haider aux mille visages (toute cette foule autrichienne derrière le cercueil, voilà qui en dit long sur un pays et sur la culture de ses habitants), écrivain spécialisé dans le réglage d’une écriture qui se doit d’accéler, de laisser derrière elle les réalités nommées par l’industrie des loisirs (la littérature du marché en faisant partie).
Voilà donc un livre parodiant le roman policier, mais où enquêteur et criminel ne font qu’un, le premier réglant le moteur de l’écriture et la finesse des photos pour se reconnaître sur chacune d’elles, le second, pourchassé, envisageant l’instant final, celui du choc, après avoir hésité tout au long du récit sur la nécessité de se jeter dans le vide depuis le balcon de l’hôtel. Hésitation et refus finalement, dans une tension qui est bien celles des grands écrivains autrichiens."
Laurent Margantin , La Quinzaine littéraire n° 983, 1er janvier 2009
"De Carinthie, région méridionale de l'Autriche, proche de la Slovénie et de l'Italie, nous arrive l'œuvre d'un romancier de haute qualité, Werner Kofler. [..] Cette peinture à la fois géographique, historique et sociale d'un région pour nous assez lointaine, possède la double qulité des œuvres importantes : elle est en même très localisée, très personnelle ou "personnalisée" et de valuer générale, d'intérêt qu'on peut dire sans flatterie universel."
Pierre Gamarra, Europe n°959, mars 2009
"Saluons cette première traduction de l'Autrichien Werner Kofler, dont la fureur et l'opiniâtreté "tantôt noire tantôt ludique" (dixit son traducteur Bernard Banoun) n'ont rien à envier aux coups de boutoir d'Arno Schmidt [..] Kofler marie comme lui la farce et l'invective. [..] Féru de collage, Kofler, fait émerger une unité à partir de 12 séquences pourtant distinctes où le suspense jaillit même quand on ne l'attend pas."
Morgan Boëdec, in Chronic'art # 50, novembre 2008
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