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Parutions de février

Werner Kofler
Derrière mon bureau

Triptyque alpestre I

Premier volet de sa « trilogie alpestre », Derrière mon bureau est l’un des grands livres virtuoses de Werner Kofler. Pas davantage que dans Automne, liberté, on ne saurait s’attendre ici à lire une quelconque « histoire » : sa table de travail est au contraire le lieu depuis lequel le narrateur, brouillé avec le monde entier, lance, avec une puissance d’imprécation jubilatoire, des invectives contre la politique et la vie littéraire autrichiennes, mais aussi l’hégémonie politico-économique nord-américaine, et dénonce une « société du spectacle » où, sous prétexte de mémoire, l’histoire donne lieu à une muséalisation artistico-pédagogique à la fois grotesque et terrifiante.

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Werner Kofler
Caf'conc' Treblinka

« Avenir, bah, rien de plus idiot que l’avenir, l’avenir est l’idiotie même… Il n’y a que des idiots comme vous pour miser sur le futur, moi je mise sur le futur antérieur, – le futurum exactum : vous n’aurez rien su, vous n’aurez rien voulu savoir… »

Entre anamnèse et amnésie, affirmation et dénégation, « solution finale » et tabula rasa, c’est à un dialogue de sourds à la fois terrifiant et carnavalesque que nous convie Werner Kofler, dont l’écriture dramatique, usant de l’ambivalence et de la réversibilité, s’avère tout aussi virtuose que la prose narrative.

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Nos dernières parutions

Martin Prinz
L'Envolée belle

Johann Rettenberger, connu sous le nom de « Pumpgun-Ronnie », le braqueur au masque de Ronald Reagan, vient de s’échapper. Il court kilomètre après kilomètre, laissant derrière lui la ville et la lueur des gyrophares de ses poursuivants, alors que devant lui s’étend un paysage de champs et de forêts dans lequel il s’enfonce et disparaît. Enfin, il peut allonger ses foulées et comme pour un marathon ne plus effleurer la terre que de la pointe des pieds. Il lui semble qu’il vole au-dessus des sentiers qu’il emprunte.

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Günter Brus
Vienne et moi

Günter Brus, co-fondateur de l’Actionnisme viennois, compte parmi les artistes autrichiens les plus reconnus. Toutefois, il suffit de lire Vienne et moi pour se persuader qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Dans cette autobiographie aux allures de roman picaresque, l’auteur apparaît comme un jeune peintre qui tire le diable par la queue, cherchant vainement la reconnaissance auprès de la société viennoise. Ce récit morcelé, où le regard acerbe et les calembours le disputent à l’onirisme, est aussi un chant d’amour à sa femme Ana. Au-delà de son propre parcours, l’auteur retrace celui de toute une génération d’artistes, à qui la vieille Autriche opposera ses résistances. Cette Vienne, décor d’opérette où les vieux fantômes du nazisme errent encore, ne lui pardonnera pas d’avoir déplacé la pratique artistique de l’atelier à la rue et osé remplacer la toile par son propre corps. Mais, même face aux tracasseries judiciaires dont il sera l’objet et qui finiront par le conduire d’abord en prison puis en exil, Günter Brus ne se départit jamais de son esprit facétieux.

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Hanno Millesi
Murs de papier

La parole aux enfants ! Tel pourrait être le titre de ce recueil de dix nouvelles, sélectionné pour participer au Prix-Ingeborg-Bachmann 2006, dont chacune – à l’exception de « Au grand magasin » – livre le point de vue d’un enfant-narrateur sur son microcosme familial. Le pari était risqué : ce procédé littéraire a le plus souvent tendance à nous inspirer, à nous lecteurs adultes qui croyons savoir ce qu’est le monde, un sourire au mieux amusé et bienveillant, au pire condescendant. Or, nulle trace de puérilité chez ces enfants que leur intelligence aiguisée, leur capacité objective d’analyse et le ton protocolaire avec lequel ils consignent méticuleusement leurs observations rapprocheraient au contraire des jumeaux “monstrueux” de la nouvelle de Thomas Bernhard « Amras » ou du Benny du film de Michael Haneke Benny’s Video.

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